2. Le pont de Sainte-Apolline et sa chapelle

L’histoire de la ville de Fribourg est liée à celle de ses ponts. Le point de départ de la ville, le lieu de passage, le lieu d’échanges et de contacts avec les mondes latin et germanique.

Toutefois, ce n’était pas les paysans du plateau fribourgeois qui construisaient des ponts. Ils vivaient en grande autarcie, si bien que les échanges jouaient pour eux un rôle secondaire. Les ponts servaient principalement au pouvoir, c’était un outil pour permettre aux dirigeants de mieux récolter leurs dîmes. Qui veut plus, doit investir plus! Routes et ponts étaient donc un moyen d’assurer l’emprise de la noblesse et de la bourgeoisie sur le peuple. Ces voies de communication, condition de puissance politique et économique, étaient un réseau étendu utilisable toute l’année permettant la rentrée des impôts, le commerce et, en cas de conflit, l’intervention militaire.

Anciennement appelé le “Pont de la Glâne“, le pont de Sainte-Apolline est attesté existant avant 1243. Plusieurs ponts en bois lui ont probablement succédés dès le Moyen-Age, avant sa reconstruction en tuf au XVIe ou XVIIIe s. Il est composé d’une voûte, d’une seule arche d’un écartement de 13 mètres. Il a une longueur de 18 mètres, une largeur de 2,80 mètres entre garde-corps et une hauteur de 8 mètres.

Le pont de Ste-Apolline donne accès à la rive gauche de la Sarine et aux chemins conduisant à Bulle, comme on peut le voir sur une ancienne carte de 1781, “vieux Grand Chemin de Fribourg à Bulle”. On lit également “A la Rusteriaz“, cela signifie qu’il y avait une auberge pour les voyageurs.

C’est par ce pont également que passe l’un des chemins de Saint-Jacques de Compostelle menant à Romont. On peut d’ailleurs voir deux petits carreaux incrustés récemment dans le pont qui l’indiquent.

La construction du pont des Muèses en 1756 et l’aménagement d’une nouvelle route de Fribourg à Bulle ont fait perdre son importance au pont de Sainte-Apolline(c’est ce qu’on appelle un déclassement de pont).

La chapelle est cité dès 1147. Elle a connu au moins 2 étapes de construction et le premier édifice fût victime d’un incendie. La chapelle actuelle de Ste-Apolline date de 1566. C’est la date que porte la chapelle à l’extérieur, soit celle d’une reconstruction. Vers 1690, l’abbé Candide Fivaz y a fait réaliser des travaux et c’est probablement à son initiative qu’est due la réalisation du retable en bois. Une réparation a été faite en 1898 et une restauration complète de l’intérieur en 1943.

Les chapelles à côté des ponts étaient souvent destinées à remercier le seigneur d’avoir permis aux voyageurs la traversé d’un pont sans accident. Le pont et sa chapelle ont été rénové pour la dernière fois, ensemble, en 1991.

Ste-Apolline, a qui est dédié la chapelle était une vierge et martyre. Appelée aussi Apollonie, elle qui fut brûlée à Alexandrie, en 248, après qu’on lui eût arraché les dents; c’est elle qu’on implore dans les cas de maux de dents et de nombreuses dents cariées ont été retrouvées autour de l’édifice.

Observez l’intérieur de la chapelle…

Vous y découvrirez un tableau avec une colline sans forêt. Pour les curieux, sachez qu’il existe une légende, un grand mythe. Certain raconte, que Guillaume de Glâne, le fondateur de l’abbaye, aurait possédé un immense château tout près et qu’il l’aurait démonté pierre par pierre pour reconstruire l’abbaye d’Hauterive…

Mythe ou réalité? Jusqu’à ce jour personne n’a retrouvé de traces du chateau… Et vous? Une petite fée vous l’aurait-elle montré???

Vous pourrez découvrir encore quelques informations sur le pont dans le livre des Sentiers de l’eau…

Après le pont, le chemin est plat, entouré d’arbres. Il suit un virage sur la droite et commence son ascension. Le chemin est dégagé, et s’engouffre dans un pré.

On arrive sur un chemin de gravier…

Ces quelques photos-ci ont été prises lors de notre sortie de classe du cours Territoire et Paysage, en septembre 2011…

Sur la gauche on peut voir dépasser le bâtiment de l’APEC qui fabrique les revêtements bitumeux grâce aux pierres de la gravière qui s’étend sur la gauche, jusqu’au lieu-dit Châtillon.

Bien qu’en semaine le bruit de la carrière est parfois un peu fort et désagréable au bord du chemin, la petite chèvre, elle, n’a pas l’air dérangée par le paysage sonore.

En continuant le chemin, on aperçoit au dessus de la haie, sur la droite, Villars-sur-Glâne et son église.

Depuis 2004, le village est devenu une ville, car elle a passé le cap des 10’000 habitants. On peut voir l’importante croissance démographique sur le graphique de l’Office Fédérale de la Statistique ci-dessous. En effet de 1960 à 2008, la population est 4 fois plus nombreuse.

On peut constater encore sur cette carte de 1888 le peu d’habitation qu’il y avait pour quelques 481 habitations…

D’ailleurs en parlant du développement de Villars-sur-Glâne, il y a eu récemment un article sur le quartier de Ste-Apolline. En effet, une nouvelle déchetterie y a été implanté, à côté de la station d’épuration. Résultat: des centaines de voitures décendent à Ste-Apolline chaque jour et la petite zone historique n’est plus toujours un coin si tranquille pour les promeneurs et même parfois dangereuse… Je vous laisse lire l’article paru dans La Liberté par Claudine Dubois.
Revenons à nous moutons…
Le chemin croise la route goudronnée du Moulin-Neuf et continue son ascension.
Selon d’anciens plans pour les dîmes du 18ème siècle, l’utilisation de ce chemin avait toujours de l’importance puisqu’à Froideville se trouvait une potence à la croisé des chemin, pour avertir les voleurs et les mauvais payeurs sans doute. On retrouve le terme de “Es Fortzes” sur la carte de 1781(voir plus haut sur la page), signifiant fourches patibulaires. Ce sont un gibet constitué de deux ou de plusieurs colonnes de pierres sur lesquelles reposait une traverse de bois horizontale. Placées en hauteur et bien en vue du principal chemin public, elles signalaient le siège d’une haute justice et le nombre de colonnes de pierre indiquaient le titre de son titulaire. Les condamnés à mort étaient pendus à la traverse en bois et leurs corps étaient laissés sur le gibet pour être exposés à la vue des passants et dévorés par les corneilles.
Une petit colline sied à droite du chemin. Au sol le chemin de gravier reprend après la gille d’évacuation de l’eau.
Qu’observe Mattia sur la droite? Le vieux moulin agricole?
Le gravier disparaît un peu dans la terre. Le chemin est ombré par quelques arbres…
Fin du chemin, la montée nous fatigue un peu;). La terre laisse place à un sol plus dur en gravier.
Encore une fois on a une jolie vue sur la ville de Villars-sur-Glâne.
Voici Bastien et Rémy qui prennent des notes et observent les environs…
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